
En Thaïlande, ce sont plutôt les hommes qui portent une ou plusieurs statuettes du Bouddha (ou de saints bouddhistes) enchâssées et enchaînées autour du cou. Certaines ont des buts bien spécifiques. Par exemple pour faciliter les conquêtes féminines (voire masculines, c'est selon), pour se protéger des armes, pour éloigner les mauvais esprits, pour gagner à la loterie, ou simplement pour garantir son bien-être.
Généralement, les femmes préfèrent aller au temple ou fleurir leurs autels domestiques, mais leurs motifs ne sont pas moins désintéressés: trouver un bon mari, le conserver longtemps, fidèle et bienveillant, avoir une belle maison, avoir de beaux enfants qui réussissent aux examens, et ainsi de suite.
La plupart des amulettes s'obtiennent pour un baht symbolique dans les temples et sont bénies par les moines, mais certaines se revendent dans les arrière-boutiques (ou sous le manteau) et à des prix astronomiques, répondant aux lois de l'offre et de la demande (correspondant au potentiel qu'on leur attribue), exactement comme les valeurs boursières.
Le bouddhisme thaï s'accommode fort bien d'amulettes, de fétiches, de grigris et autres talismans qui ont une place importante dans la vie quotidienne
Paradoxalement , de part le vaste monde, la spiritualité, le matérialisme et les superstitions produisent un savoureux cocktail qui connaît un franc succès parmi les populations.
Les tatouages font partie intégrante de la panoplie de ceux qui croient pouvoir modifier leur destin par des stratagèmes censés tromper l'ennemi.
Les Thaïlandais les portent comme boucliers mais ceux-ci résistent rarement à un coup de couteau ou à une balle de 9 mm. A l'origine, le tatouage avait une fonction ethnique ou thérapeutique (et cela se trouve encore) mais de nos jours cela relève beaucoup plus de la croyance aveugle et de la coquetterie, voire de la mode pure et simple, une superficialité que d'ailleurs beaucoup regrettent sur le tard.
Penser s'attirer les faveurs du ciel en se faisant graver un symbole religieux traduit une certaine naïveté même si cela exprime aussi un respect sincère pour une certaine philosophie.
Les mandalas (représentations géométriques et symboliques, dans le brahmanisme et le bouddhisme) sont des diagrammes (dessins) supposés éloigner les fantômes (et les esprits chagrins). On en trouve dans les moyens de transport (voitures, taxis, autobus, camions…) et sur les portes des maisons qui préfèrent éviter les visiteurs du soir (et désincarnés).
Les Thaïs ne s'intéressent pas aux meubles anciens car ils pensent qu'ils sont toujours attachés aux âmes de leurs défunts propriétaires. Par contre, certains fantômes sont très sollicités: entre autres, Phoum Phouang, la chanteuse de musique «country» (thaïe), décédée il y a quelques années. Originaire de Suphanburi, certains habitants du coin ont cru la voir hanter le secteur et ils lui ont construit une "chapelle" qui attire de plus en plus de fidèles: la plupart viennent dans l'espoir d'obtenir les numéros gagnants de la loterie. Comme dans les temples «classiques», ils secouent un récipient contenant des baguettes de bambou numérotées pour faire sortir le chiffre de la chance.
Ce lieu de pèlerinage est très fréquenté les jours qui précèdent les tirages de la loterie nationale (1er et 16 du mois...) |